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Matinée de travail en compagnie des viticulteurs de Cardet et de Lédignan


Lundi 17 septembre 2018, une matinée de travail (voir l’article du 29 juin « Matinée de travail avec des agriculteurs à Jonquières St Vincent ») était organisée par la FDSEA du Gard et le Syndicat des jeunes agriculteurs sur l’exploitation viticole de M. Guilhem PELEDAN à Cardet et la cave coopérative de Lédignan.


Les problématiques actuelles de l’agriculture gardoise, notamment dans le domaine viticole, ont été abordés : les fraudes aux importations et francisation des vins, une réglementation trop stricte sur certains intrants sur la viticultures (glyphosate, néonicotinoïdes), la fin de l’exonération travailleurs occasionnels (TO/DE) et du CICE, l’image publique du vin (campagnes publicitaires impactant négativement l’image du vin), ainsi que les problèmes posés par la création de petits ouvrages hydrauliques de stockage.


Les viticulteurs sont inquiets pour leur futur et je m’engage à faire entendre leurs revendications. Dans le cadre du projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable du Sénat dont je fais partie a refusé d’adopter le texte issu des travaux de l’Assemblée nationale en nouvelle lecture.


Par l’intransigeance dont ils ont fait preuve tout au long de la procédure, le Gouvernement et sa majorité ne lui ont pas laissé d’autre choix.


Contre tous les usages parlementaires et sous l’injonction de l’Élysée, le rapporteur de l’Assemblée a d’abord fait échouer la commission mixte paritaire sur un alinéa pourtant voté à l’identique dans les deux chambres.


En nouvelle lecture, les députés LREM ont ensuite balayé d’un revers de main les avancées votées par le Sénat et attendues par nos agriculteurs.


Même la création d’un fonds d’indemnisation des victimes professionnelles des produits phytosanitaires, mesure de justice votée à l’unanimité au Sénat qui transcende les clivages partisans, n’aura pas trouvé grâce à leurs yeux.


Ces dispositions nouvelles, à la constitutionnalité parfois incertaine, augmenteront encore les charges des producteurs et ajouteront de nouvelles contraintes tant sur les agriculteurs, les industriels et les collectivités locales. À l’opposé, tout indique que ce texte n’aura aucun effet positif sur leurs revenus.


Car, préférant traiter de l’interdiction des pics à steak, les députés LREM ont oublié l’essentiel tout au long des débats : améliorer le revenu agricole.


Les députés de la majorité ont ainsi refusé aux agriculteurs le droit de s’appuyer sur des indicateurs incontestables pour la construction de leur prix grâce à l’intervention de l’Observatoire de la formation des prix et des marges en cas de défaut de l’interprofession.


Dans ces conditions, le texte voulu par la majorité gouvernementale risque d’accroître le déséquilibre du rapport de force commercial au détriment des agriculteurs. Le Sénat ne peut accepter un tel scénario.